Il y a parfois des renvois étonnants. À l'heure du match
France-Italie, finale tant attendue, je n'étais pas devant un écran géant ni
même une télévision mais sur la
route. Bien qu'un peu éloigné de la chose footballistique,
j'écoutais comme au bon vieux temps, le match "dans le poste". Captant difficilement en FM sur les routes d'Île
et Vilaine et de Mayenne, j'avais fini par opter pour les ondes moyennes – mon autoradio en étant pourvu – grâce
auxquelles je suivais le match sur France-Info avec une qualité de son
médiocre mais acceptable. On n'était pas loin du poste à galène mais ça restait
audible. Je n'ai donc pas vu "l'événement majeur" de ce match
: le coup de boule de Zidane. Mais j'ai entendu les commentaires en direct,
Dominique Rocheteau en tête, sur cet acte incompréhensible. Une déception
violente, une émotion désorientée, un désarroi palpable jusqu'à dans le timbre
de voix.
Cet événement m'a renvoyé à la lecture de Daniel Goleman sur
"L'intelligence émotionnelle". Je me souvenais y avoir croisé
quelques lignes sur le self-control des sportifs.
Dans la partie consacrée à la maîtrise de soi, voici ce
qu'il écrivait : "La réponse cérébrale en cas de crise se
conforme toujours à cette stratégie archaïque : l'acuité sensorielle augmente,
les pensées complexes sont court-circuitées, les réflexes prennent le dessus.
]…[La raison pour laquelle un petit problème peut nous faire basculer, quand
nous sommes excédés, est biochimique. ]…[Ces hormones sont suffisantes pour
mettre le corps en état de se battre ou de fuir mais une fois secrétées elles
subsistent dans le corps pendant des heures et chaque nouvel incident fait
monter leur niveau. Leur accumulation peut finir par exciter … au point d'être submergé
de colère ou de panique à la moindre provocation. "
Plus loin, Goleman ajoute : "Même chez les
joueurs de football professionnels dont le rôle semble exiger un certain degré
d'agressivité spontanée, la retenue est payante. Dans une étude portant sur
sept cents joueurs professionnels, ceux qui sont doués d'une grande retenue
sont, selon les entraîneurs, plus motivés, font de meilleurs capitaines et sont
plus faciles à entraîner." Je croyais que notre capitaine des bleus était
de ceux-là mais chacun à ses limites!
Alors Zizou, si les meilleurs livres de management nous expliquent que c'est la biochimie qui nous joue des tours, faut-il les croire ? En tout cas, ça n'excuse rien mais il a dû falloir une sacrée dose d'excitation et de provocation pour en arriver là dans une finale de Coupe du Monde!
Cadres dirigeants et entrepreneurs de tous pays, prenez-en de la graine et réfléchissez ! A des niveaux différents, cela nous arrive aussi de manquer de maîtrise de soi et de self-control; les conséquences sont parfois, à notre échelle, aussi dramatiques. Relisez Goleman, cela ne peut faire que du bien.
Puisque vous citez Daniel Goleman je vous propose de lire le résumé que j'ai fait de son livre "L'intelligence émotionnelle au travail" sur mon blog (http://edubuc.free.fr)
Rédigé par: Emmanuel | août 27, 2006 à 01:38
Ce geste a sans doute les faveurs des chefs d'entreprise. Zidane va peut-être faire partie du comité d'administration de Danone. Quant à la provoque c'était du genre "Nique ta mère" que l'on met en avant partout.
Rédigé par: Fabrice Trochet | août 03, 2006 à 18:31
Quelqu'un qui aurait le même geste que Zidane dans la rue serait passible de plusieurs mois de prison.
Faut-il, sous le prétexte des théories farfelues d'un Goleman, excuser tous les voleurs, bandits et autres violeurs au prétexte qu'on les aurait tenté ? On n'est pas loin du sketche de Coluche où le violeur explique que "violer c'est quand on veut pas et lui il voulait".
La vérité, c'est que Zidane, comme certains chefs d'entreprise, a agi en irresponsable. Il devrait être puni pour ce qu'il a fait. Au lieu de cela -pour des raisons de propagandes, de politique "d'intégration" - on l'excuse.
C'est le pire qui puisse arriver.
Rédigé par: Stéphane | août 03, 2006 à 12:33